Youth for Peace : quand 500 jeunes offrent 100 idées pour la paix à des hommes en costumes
- Nov 22, 2018
- 3 min read
Du 14 au 18 Novembre 2018 se tenait la rencontre Youth for Peace. J'étais l'une des 500 jeunes venus des 48 pays réunis à Berlin. Pendant 3 jours, nous avons développé des idées pour la paix, désormais écrites noir sur blanc dans un livret, lui-même remis en mains propres au Président de la République fédérale d'Allemagne et au Président de la République française lors de la cérémonie de clôture. Voici ce que j'en retiens.
Youth for Peace - 100 Years after World War I, 100 Ideas for Peace The international youth meeting "Youth for Peace" unites 500 young adults in Berlin from November 14th to 18th 2018 to commemorate the end of World War I.
500 jeunes qui travaillent ensemble pendant 3 jours de Workshops afin d'en tirer 100 idées pour la paix : difficile à imaginer. Pourtant, cette sitatution était bien réel. Ce genre de rendez-vous demande évidement une organisation titanesque et une logistique incroyable du côté des porteurs de ce projet. L'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse à l'origine de ce rendez-vous réussit ici son pari d'étendre son exemple de réconciliation franco-allemande aux participants de toute l'Europe ainsi qu'à certains pays d'Afrique.

Le quotidien lors de l'évènement est donc concasse et offre un bon lot de "Where are you from?" à la pause clope, beaucoup de "'Tschuldigung/Sorry/Pardon"en faisant la queue à la pause déjeuner, et sûrement quelques prénoms surement mal prononcés. Si on y réfléchit, il est tout aussi cocasse, en tant que participante française, de se présenter dans un cercle aux côtés de vos alliés et ennemis d'autrefois. Imaginez-vous encore, discuter à coeur ouvert des évènements de la Première Guerre mondiale à travers une dizaine de perspectives et de narrations différentes. Qu'avons-nous appris du passé ? Qu'est-il écrit dans nos livres d'histoires ? Entre les sentiments de culpabilité allemande, la fierté britannique et les oubliés du continent africain après guerre, les débats peuvent être prenants, parfois émotionnels. Après de nombreuses heures de dialogue, il est ainsi aisé de prouver que l'histoire, c'est avant-tout des faits, mais des faits sélectionnés qu'on s'approprie pour privilégier certains souvenirs et en oublier d'autres. Dans notre petit microcosme qu'était notre groupe numéro 12, j'ai tenté de partager mes connaissances sur les monuments de Berlin à ceux qui n'ont jamais visité cette ville : haut-lieux de lieu de révolutions, d'idéologies, de crises, de mémoire. Alors que certains hommes politiques à la tête de grands pays projettent de construire des murs, de bloquer les frontières et de "chasser" les migrants, moi, dans mon costume d'étudiante en études germaniques, je tente d'expliquer la façon dont certaines des 258 victimes sont mortes en tentant de traverser le mur de Berlin, il y a de-çà moins de 30 ans. Citoyen européen, membre de l'espace Shengen, nous croyons parfois notre mobilité prise pour acquise, mais la réalité peut très vite réapparaître, lorsque, par exemple, notre ami égyptien est arrivé à Berlin pour la conférence avec deux jours de retard, faute d'avoir obtenu d'autorisation de quitter le territoire par son pays d'origine.

In a left-to-right, Salim from Algeria, Marina from Bosnia & Herzegov., Me from France, Damjian from Rep. of Macedonia and Rita from Catalonia
Il faut se battre, même pour la paix. Même si nos idées communes abordent de grands thèmes politiques et sociaux récurrents comme l'accès à l'éducation, le partage des richesses, la mobilité internationale ouverte à tous et le développement du plurilinguisme, nous avons essayé de voir ce que nous pouvions changer et améliorer à notre niveau. Par le théâtre et le langage du corps, notre groupe s'est efforcé de présenter le respect mutuel, la tolérance et les gestes d'attention du quotidien comme doté d'un fort pouvoir préventif face à l'apparition de plus gros conflits. Parmi les idées présentées aux chefs d'Etats, on trouve aussi la "ligne de la paix" qui permettrait un voyage touristique et initiatique à travers des monuments de mémoire dans toute l'Europe.
Instagram, @emmanuelmacron
Plus qu'une discussion politique, c'est une rencontre, un rassemblement de ceux qui veulent changer le climat politique actuel. Et même si, les voix des participants de Youth for Peace se sont retrouvés quelques minutes sur une petite scène à Berlin et qu'elles continuent d'exister dans un livret de papier, il fait bon de savoir que nous, les jeunes, nous pouvons être entendu par ceux qui portent des costards, qui ont de l'influence et le pouvoir de faire fructifier ces idées.







Comments